Série des sérigraphies Sans-titre :
La sérigraphie me permet de développer des questions propres à l’habitat,
même fragile, et de travailler sur la base d’une production photographique
plus anonyme. Mes images se réfèrent à des pratiques
communautaires et à différentes formes de «sous-culture».
Elles figurent des personnes qui se regroupent, dont l’environnement,
habitat clos, les renvoie à des écrans, à la fois dans
leur opacité et leur capacité à révêler.
Partant de fichiers numériques, je
bascule mes images immatérielles vers le medium sérigraphique
: les différentes couches viennent
s’aposer sur un support, telles des strates de sédimentation,
insistant sur l’artificialité de
la construction de l’image. En même temps qu’elles perdent
leurs qualités
propres de visionnage à l’écran, mes images récupèrent
ainsi une matérialité et
une profondeur, non pas illusioniste mais physique. Chaque couche renvoie à un écran
et construit l’image avec ce qui l’occulte. L’arrêt
de toutes les images en une seule, fixe, statique et silencieuse, évoque
l’absence, presque mortuaire, dans un jeu curieux où ce
qui était plein, l’image d’ordinateur (l’espace
d’internet),
est désormais vide. Cela mène le spectateur à une conscience
de soi et introduit une mise en abyme.
