Série photographique A.N.Z, 07.01 :
«Aucune
nature n’est jamais vierge, puisque notre regard n’est jamais
vide» (1). Mon approche consiste à travailler
la tradition documentaire, le prélèvement de la chose vue,
en y insérant le schéma romantique allemand de la figure
du promeneur. Mais ici la nature n’est
pas puissante et autonome, elle est travaillée par le regard qui
l’a conditionnée. Le centre d’intérêt reste
hors de portée : le
spectacle, le sublime sont annulés par des dispositifs touristiques,
ou plus simplement la vue est obstruée par des silhouettes unifiées.
Les expériences deviennent
interchangeables, les lieux indifférenciés. Du fait d’une
plasticité pauvre
et d’une scène hors de portée,
l’expérience du regard est de l’ordre
de la déception, plus que d’une contemplation.
1. Alain Roger
