There is a particular tension between ordinariness and romanticism in Deborah Farnault’s photographs and, thereof, they concentrate the range of emotions we feel when we travel. A part of this tension is due to her subjects, essentially landscapes, which lend themselves to romanticism, but also public spaces of leisure or tourism like a car show, the NASA Space Center or a polling station. The other part of this tension follows from her distant point of view, and from her experimental process. Her romanticism stands out in very delicate photogravures series of arid lands and seascapes, of which the skyline is barely marked down, like an offhand charcoal stroke on the dull evocation of the land and the sea (Landscapes, 2007). These series, which forms a prominent contrast with the neat outlines and the limpid colors of her Postcards (2007), are similar, by their melancholy, of her recent series of silkscreen prints Untitled (2008). In the latter, Farnault explores new social spaces: some figures gather around luminous screens of video-projection or laptops, but these conviviality moments appear to be oppressive under her eyes, and harsh under our look. In all her photographs, the status of the human being remains ambiguous. Her characters turn out to be irritating, but necessary for the composition and the context. The photographer is absent from the scenery, that she observes from a distance. Farnault’s capacity for changing the register in her images, to proceed from the absolutely mundane to the dream-like, and her aptitude to make the viewer conscious of her transitory position as a photographer, produce both complex and unpretentious images.

Published in 101 Artists to Discover-54th Montrouge's Salon

French translation by Denyse Beaulieu:

Il y a une tension particulière entre la banalité et le romantisme dans les photographies de Deborah Farnault et, en cela, elles résument la gamme d’émotions qu’on éprouve lorsqu’on voyage. Une part de cette tension est due à ses sujets, essentiellement des paysages, qui se prêtent au romantisme, mais aussi des espaces publics de loisir ou de tourisme comme un Salon de l’auto, le NASA Space Center ou un bureau de vote. L’autre part de cette tension découle de son point de vue distant et de ses procédés expérimentaux. Son romantisme ressort dans une série très délicate de photogravures de terres arides et de paysages marins à la ligne d’horizon à peine démarquée, comme un trait de fusain désinvolte sur l’évocation en grisaille de la terre et de la mer (Paysage, 2007). Cette série, qui forme un contraste frappant avec les contours nets et les couleurs limpides de ses Cartes postales (2007), se rapproche, par sa mélancolie, de sa récente série de sérigraphies sans titres (2008). Dans cette dernière, Farnault explore les nouveaux espaces de sociabilité : des personnages se rassemblent autour d’écrans lumineux de vidéo-projection ou d’ordinateurs portables, mais ces moments de convivialité paraissent étouffants sous son regard, et implacables au nôtre. Dans toutes ses photographies, le statut de l’être humain reste ambigu. Ses personnages s’avèrent irritants, mais nécessaires à la composition et au contexte. La photographe est absente de la scène, qu’elle observe à distance. La capacité de Farnault à changer de registre dans ses images, à passer de l’absolument prosaïque à l’onirique, et son aptitude à faire prendre conscience au spectateur de sa position transitoire en tant que photographe, produisent des images à la fois complexes et sans prétention.